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Les Trois Evêchés

La province des Trois-Évêchés a été créée à la suite des traités de Münster (1648) qui mirent un terme à la guerre de Trente Ans. L’empire et le duc de Lorraine abandonnèrent leurs droits sur les évêchés et les villes.

Cathédrale St Etienne
Depuis le XIe siècle, les évêques de Metz, Toul et Verdun avaient profité de la dislocation de la Lotharingie pour obtenir des privilèges et se placèrent sous la protection des rois de France. Alors que le duché de Lorraine affirmait souvent sa très forte implication dans le Saint Empire romain germanique, les Trois-Évêchés faisaient figure de région française enfoncée dans les terres germaniques, y compris sur le plan linguistique. Pour le Saint Empire comme pour la France, le contrôle de ces évêchés était d’une importance politique essentielle.

En 1552, Henri II au cours de la fameuse chevauchée d’Austrasie, avait pu installer ses troupes dans les évêchés avec l’appui des princes allemands luthériens et contre la volonté des ducs lorrains. Ceux-ci prirent et perdirent à plusieurs reprises Toul et Verdun, où ils parvinrent jusqu’à l’avènement de Henri IV à contrôler les biens temporels des évêques. Henri IV soumit les évêques au serment de fidélité, confirma le primat juridique du royaume de France au détriment de celui de l’Empire : les villes protégées devenaient villes sujettes. Louis XIII créa un parlement à Metz (1633) dont le sceau fut supprimé et imposa la gabelle aux évêchés.

De 1637 à 1658, le Parlement en conflit avec le gouverneur des Trois Evêchés fut « délocalisé » par édit spécial, à Toul où les magistrats siègeront pendant près de vingt ans.

Après la création de la province, un gouverneur et un intendant furent installés à Metz et Louis XIV obtint d’en nommer les évêques. Par la politique des réunions (les évêques imposaient à leurs vassaux un serment de fidélité au roi de France), le roi étendit largement son influence sur la Lorraine.

En 1648, le Traité de Wesphalie confirme la souveraineté royale sur les Trois-Évêchés.
Au XVIIIe siècle, l’incorporation de la Lorraine au royaume, fut une période de prospérité pour les Trois-Évêchés dont témoignent les embellissements réalisés sous le contrôle du commandant Belle-Isle.

Les Trois-Évêchés, à l’origine terre française en territoire germanique, devinrent, sous le règne de Louis XIV, une province soumise à la monarchie centralisée.